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Aujourd’hui, nos sociétés nous font croire que « le bonheur c’est d’avoir de l’avoir plein nos armoires… » comme dirait Souchon. L’INSEE nous communique l’indice du moral des ménages obtenu à partir de questionnaires sur le pouvoir d’achat, la publicité nous place sans arrêt devant les yeux de nouveaux désirs qu’elle déguise en besoins, l’abondance de biens à acheter, le jetable et l’obsolescence programmée règnent en maîtres… Pourtant, à côté de ça, de nombreux livres sur le minimalisme arrivent dans les rayons de nos librairies. Certaines personnes font le choix d’aller à contre-courant : posséder moins pour être plus heureux. Mais en quoi le minimalisme peut-il nous rendre plus heureux ?

LA COURSE A LA POSSESSION EST VAINE

Acheter de nouveaux vêtements, de nouveaux objets de déco ou encore une nouvelle voiture constitue pour beaucoup d’entre nous une source de plaisir.  Le shopping est même devenu le loisir favori de nombreuses personnes qui comptent sur les achats pour les rendre heureuses.

Le problème, c’est que les firmes nous maintiennent dans un état de frustration permanente en nous bombardant de publicité et en nous proposant sans arrêt de nouveaux objets plus beaux, plus performants… Nos acquisitions sont rapidement dépassées et nous entrons dans une course à la possession pour satisfaire nos nouveaux désirs. Pour s’acheter toujours plus de biens, nous passons souvent plus de temps à travailler pour gagner de l’argent, au détriment du temps consacré à profiter de la vie…

Autre problème : on s’habitue à tout, même à la richesse et aux possessions. Les plus riches ne tirent plus aucun plaisir de séjourner dans un hôtel 5 étoiles. Plus aucune découverte, c’est de l’ordre du banal… Par contre, l’idée de tout perdre à cause d’un accident de parcours peut devenir une source de stress. Et si l’accident de parcours se produit, la dépendance au confort et au luxe rend souvent le passage à un train de vie plus modeste très difficile.

La publicité dans les rues de Tokyo

La publicité dans les rues de Tokyo

LE MINIMALISME MARQUE DES POINTS

Le minimalisme quant à lui, rejette l’accumulation d’objets dont nous n’avons pas besoin.

Ce mouvement dont on entend de plus en plus parler à l’heure actuelle n’est pas nouveau. L’histoire est jalonnée par l’emprunte minimaliste s’opposant à la société de consommation. Il y a 2500 ans, Socrate disait déjà que « le secret du bonheur […] n’est pas trouvé dans la recherche du plus, mais en développant la capacité de jouir de moins. ». Au siècle des lumières, alors que l’on glorifie le progrès, Rousseau se tourne vers la nature qui lui procure calme et sérénité (« Les rêveries du promeneur solitaire »). Le philosophe américain Henry David Thoreau s’est beaucoup inspiré de Rousseau. Il a fuit les villes en pleine révolution industrielles pour aller vivre en pleine nature dans une cabane auto-construite («Walden ou la vie dans les bois »). Nombreux sont ceux qui s’en réclament comme Pierre Rabhi qui prône une « sobriété heureuse »

Le minimalisme et les autres mouvements choisissant le retour à plus de simplicité nous libèrent :

– du temps (besoin de moins d’argent donc possibilité de travailler moins et aussi moins de temps passé à entretenir nos objets),

– de l’espace (moins de meubles et d’objets dans la maison)

– de l’argent (moins d’achats = moins de dépenses).

Ils sont une façon de se concentrer sur ce qui est vraiment important et qui donne un sens à notre vie : les relations, l’amour, la joie, la créativité…

 

5 CONSEILS POUR REDUIRE NOS POSSESSIONS

1) Mieux se connaître et savoir définir ses besoins

La simplicité ne consiste pas à consommer le moins possible. Ce n’est pas un concours avec son voisin puisque la simplicité de l’un n’est pas forcément celle de l’autre. Elle n’a de sens que si elle permet d’être heureux. C’est pourquoi il est nécessaire de se connaître pour savoir quels sont nos besoins.

2) Désencombrer pour se recentrer sur l’essentiel

Une fois nos besoins définis, il est important de désencombrer notre intérieur en éliminant nos possessions inutiles. Dominique Loreau affirme que ce n’est pas nous qui possédons les choses, « ce sont les choses qui nous possèdent ». Moins d’objets inutiles, c’est plus de liberté d’esprit.

3) Favoriser le partage et l’emprunt

Tout ce qui cherche à collectiviser la réponse aux besoins permet d’atteindre 3 éléments déterminants du bonheur : développer des liens avec son entourage, réduire les besoins financiers individuels et diminuer aussi le temps pour les gagner. Favoriser les transports en commun, les bibliothèques, les parcs publics, les systèmes d’échanges locaux (SEL) basés sur le troc et le prêt d’outils entre voisins est donc une bonne solution.

4) Préférer les expériences aux objets

Apprendre à voir la beauté dans les petites choses, à se réjouir de peu. La richesse est intérieure (un sourire, un échange, des moments simples). Dans la pyramide de Maslow le besoin de s’accomplir arrive au sommet des aspirations humaines. Il vise à sortir d’une condition purement matérielle pour atteindre l’épanouissement.

5) Bien réfléchir avant d’acheter

Se demander si on a vraiment besoin de faire un achat est la première question à se poser (on peut peut-être emprunter, réparer, faire par soi-même…). Si le besoin est réel, nous pouvons être plus exigeant sur la qualité et l’éthique de fabrication des produits puisque tout achat est mûrement réfléchi. Privilégier les achats d’occasion permettant de réutiliser et de moins jeter est une bonne solution. Préférer le travail de l’artisan plutôt que les produits de masse en plastique permet également d’éviter d’augmenter les déchets et de choisir à qui l’on donne son argent.

 

CONCLUSION

Bien qu’elle ne soit pas nouvelle, la question de mener une vie simple en stoppant la course aux possessions, est plus que jamais d’actualité. A l’heure où notre mode de vie moderne est devenu destructeur pour notre planète, il est urgent de se tourner vers une vie plus épurée favorisant recentrage sur les vraies valeurs. Rappelons-le, le vrai bonheur se trouve à l’intérieur de nous, pas à l’extérieur. Apprécier les choses simples de la vie nous permettra aussi, par contraste, d’apprécier le luxe quant il se présente.

De mon côté, j’ai entamé ce chemin depuis quelques années déjà. Ma maison est grande et n’est pas totalement épurée mais elle correspond à mes besoins actuels. J’ai 2 enfants, un cabinet de naturopathie/coaching sous le même toit que mon habitation et j’ai aussi une chambre d’hôtes. Cela me permet de travailler de chez moi tout en m’occupant de mes enfants. Un jour peut-être je n’aurai plus ces besoins et j’habiterai une une petite maison en bois ou une tiny house à côté d’un potager plus petit… A côté de ça, j’ai réduit la taille de ma garde-robe et je fais très attention aux nouvelles pièces que j’achète. Pour ce qui est des meubles et des objets, j’achète beaucoup d’occasion (Le bon coin, vides greniers…). J’essaye autant que possible de faire mes achats alimentaires auprès de petits producteurs locaux qui cultivent avec moins de pesticides et je cultive mon propre potager/verger. J’ai encore beaucoup à faire pour épurer mon intérieur, notamment en me séparant d’objets et de livres/magazines dont je n’ai plus l’utilité mais je m’occupe de cela à mon rythme.

Le minimalisme est-il un mode de vie qui vous parle ?